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[INTERVIEW] 03.09.2015 |Paper Magazine (Septembre 2015) – Jeremy Scott et CL parlent de Moschino, de la Pop Culture et des Femmes de Pouvoir

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Jeremy Scott est un couturier très prisé des pop stars du monde entier. Sa première collection éponyme a été lancée en 1997 et l’a rendu très célèbre principalement grâce à ses designs fantaisistes. Puis, en 2013, sa carrière prit un gros virage vers le luxe : il a été nommé directeur artistique de la marque italienne Moschino, dont le fondateur, Franco Moschino, connu pour ses designs farfelus et humoristiques, était un réel père spirituel pour Jeremy.
[…]
Entre Moschino et sa propre ligne de mode, Jeremy Scott a habillé d’innombrables topstars telles que Madonna, Rihanna ou encore Miley Cyrus. Actuellement, sa complice mais aussi meilleure amie s’appelle CL, une super star sud coréenne de 24 ans, qui a pour désir de changer la vision qu’ont les occidentaux sur les femmes asiatiques et d’inspirer les femmes dans tous les pays. Nous les avons interviewé après une séance photo pour discuter avec eux de leur perception du luxe sous toutes ses formes.

Q : Jeremy, peux-tu me présenter CL et me dire pourquoi tu l’aimes ?
JS : C’est une de mes meilleures amies. Pour ses fans, c’est la Baddest Female. Donc ouais, c’est une dichotomie. Je sais qu’elle a une image, je suis conscient de cette image et j’y contribue. Mais quand je pense à elle, je ne pense pas à cette image. Je pense à la personne que j’aime et que je connais : une personne très loyale, très sincère, et très intelligente.

Q : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
CL : Eh bien, j’ai porté des baskets Adidas pour mon tout premier clip, et Jeremy l’a vu sur Internet, et quelqu’un d’Adidas l’a contacté je crois ?
JS : J’allais en Corée pour Adidas et j’ai dit « Je veux faire un photoshoot avec elle. Je veux la rencontrer. Je l’aime. J’en fais une obsession ! ». Ils ont alors programmé un photoshoot pour qu’on puisse se rencontrer. D’ailleurs, le premier clip était « Fire » n’est-ce pas ?

CL : Oui.

JS : Il y avait plusieurs accessoires de ma collection dans leur clip et j’ai instantanément cliqué. J’en suis venu à dancer dans le studio…
CL : On s’est vraiment bien amusé. Je m’en souviens encore.
JS : Et elle s’est débrouillée pour me faire monter sur la scène avec elle quelques jours plus tard pour faire une performance en coréen – langue que je ne parle pas !
CL : Tu t’étais bien débrouillé !
JS : Et j’ai en quelque sorte rappé ou chanté en coréen.
CL : Ouais. La plus jeune fille du groupe n’a pas pu participer au show que l’on a fait dans le club.
JS : Elle était mineure donc je l’ai remplacée. C’était vraiment amusant. On a de bons souvenirs, on s’en fait plein depuis – mais je n’ai pas fait d’autres performances avec elle cependant!

Q : Quelle est votre définition du luxe ?
JS : Pour moi, les choses qui sont luxueuses sont les choses qui sont rares. Ce n’est pas vraiment une question de prix ou une question d' »édition limitée » ; mais à quel point la chose est spéciale. Ce pourrait être quelque chose de produit en masse. Ça n’a pas besoin d’être cher. C’est peut-être pour ça que la vision du luxe a changé : ce n’est plus une question de matériel ou de manœuvre chère, ou le nombre d’heures que ça nous a pris à fabriquer. Je ne dis pas que tout ça est mauvais, mais même avec la combinaison de tous ces éléments, on peut quand même fabriquer quelque chose de laid sans originalité.

Q : As-tu observé des changements dans le marché du luxe en terme de nouveaux couturiers ?
JS : Je n’y ai jamais vraiment réfléchi. Il y a de toute évidence une vague de jeunes couturiers, ce qui veut dire qu’il y a aussi une vague de jeunes clients. Il y a une différence entre ce qu’une personne de 20-35 ans trouve spécial, magnifique, rare, unique et luxueux et une personne de 45, 55, 60 ans qui est client depuis longtemps. C’est pour ça que quand je produis quelque chose, j’essaye de faire du jamais vu. Même si j’utilise des matériaux courants. C’est ce que j’adore faire, c’est de l’iconographie – un moyen de communiquer avec la masse. Je peux communiquer avec plus de gens tout en créant des choses spéciales et uniques.
[…]
Q : Est-ce que tu penses dernièrement que pour travailler sur une nouvelle collection de luxe tu as besoin de le faire avec une célébrité ?
JS : J’ai une grande affinité pour les musiciennes en particulier. Je ne suis pas vraiment un couturier pour actrices. J’aime les musiciennes parce que si leur désir est de personnifier un trait de leur personnalité, je peux leur venir en aide. C’est ce que j’aime, travailler avec des personnes uniques et créer avec des personnes uniques, et c’est pour ça que j’ai créé de forts liens avec CL, Katy Perry, Rihanna, Miley etc. Je suis chanceux d’avoir cette amitié avec des gens qui m’inspirent tellement. Je suis le couturier des chanteuses parce que je crée des choses qui donnent une image plus forte et plus excentrique que les autres. Mon ressenti est que les actrices doivent être capable de chanter de personnalité tout le temps. Je ne suis pas ce genre de personne. Mes design sortent du lot, ils personnifient. Et j’aime le fait que CL puisse porter mon message sur elle.

Q : CL, en tant que pop star, comment vois-tu cette relation entre la musique et la mode ?
CL : Les deux vont toujours bien ensemble. Mais je me sens entière quand je porte les accessoires de Jeremy. Ca peut vite devenir barbant de ne porter que des accessoires noirs par exemple, mais les accessoires noirs de Jeremy Scott, c’est une toute autre histoire. Peu importe ce que je porte, j’ai l’impression de pouvoir jouer mon personnage sur scène. J’ai commencé à porter ses tenues quand j’ai débuté ma carrière, donc ça a toujours été présent.

Q : Pourquoi les oeuvres de Jeremy plaisent autant aux coréens ?
CL : Ce n’est pas juste la Corée ; je dirais plus que c’est le marché asiatique en entier. Il y a beaucoup de fans de Jeremy qui viennent me voir quand je suis en Asie, et vice versa. Je pense qu’ils aiment ce qu’il fait parce que c’est tout simplement bien ! Comment pourrais-je l’expliquer autrement ? Au Japon, en Corée du Sud, à Hong Kong, on aime tout ce qui est coloré, mignon, très animé, donc je pense qu’on est plus connecté à son style.
[…]
Q : Est-ce que la Corée du Sud est une force majeure du luxe ?
CL : Je pense que beaucoup d’ados dernièrement sont à la recherche de quelque chose de nouveau, et ils veulent avoir l’air différent. Particulièrement les filles, et c’est pour a que je veux devenir connue en Amérique – pour donner un nouvel exemple aux filles asiatiques. Beaucoup de filles asiatiques aiment rester simple parce que ça a pporte plus de sécurité. Mais le problème c’est que, une grosse partie de mes fans sont comme ces filles, alors qu’au fond elles veulent agir de manière plus différente et plus extravertie, mais personne ne leur donne l’autorisation de le faire. Il n’y a aucune célébrité asiatique en Amérique qui fait ça pour le moment, et je pense avoir déjà fait beaucoup pour l’Asie et avoir changé beaucoup de filles. Même s’il s’agit seulement d’une coque de téléphone, elles essayent quand même d’être différentes. Les femmes en Asie sont très obéissantes, timides, calmes, mais je sais que c’est en train de changer, et je veux qu’elles deviennent plus fortes et je veux leur dire qu’elles ont le droit d’être différentes. Être différent c’est un luxe, et je ne pense pas que nous l’avons. Du moins, pas encore.

Jeremy Scott & CL - 2

  • Source: PAPERMAG.COM
  • Traduction: 2NE1 FRANCE | #Daniel

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Auteur : 2NE1 FRANCE

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